[PARTIE1] Cyberharcelement et sextorsion : comment en parler ?

Tags : #NCAPM #cyberharcelement #protectionMineurs #sextorsion #tiktok #snapchat

INTRODUCTION

Savez-vous comment réagir face au cyberharcèlement ou à la sextorsion et d’autant plus lorsque cela affecte vos proches (enfants, neveux et nièces, cousins…) ? La question est valable aussi pour les enseignants par rapport à vos élèves.

Le 30 avril 2021, le Centre national pour les enfants disparus et exploités (NCMEC) a lancé une opération spéciale: the “National Child Abuse Prevention Month”(NCPAM); comprenez en français “mois national de la prévention de la maltraitance des enfants”. 10 questions ont spécialement rythmé cette journée ; hormis toutes les autres actions menées tout le long du mois d’avril.

Avec le lancement de cette campagne, un leitmotiv revient sans cesse :

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Si nous n’en parlons pas, cela ne cessera jamais !

L’opération a impliqué des structures telles que :

Le hashtag #NCAPM a bénéficié d’une grande visibilité et ce succès a permis de délivrer de très bons conseils. Depuis que j’ai eu l’occasion de donner des conférences et intervenir dans des établissements scolaires (écoles primaires, collèges…), je m’intéresse de très près à ce sujet.

Aussi, ai-je analysé tout cela quelques journées avec mon outil maison en python et extrait tout ce qui me semblait pertinent et que je pourrai réutiliser lors de mes futures interventions.

Je passerai volontairement sous silence l’analyse technique. Ce sera très certainement fait pour d’autres opérations.

J’ai donc tenté de vous résumer tout cela dans ce blogspot. Vous pourrez l’utiliser à votre tour et même l’enrichir sans oublier de le partager. A noter que du fait d’un contenu particulièrement dense, j’ai décidé de scinder la publication en 2 parties pour quelque chose de plus digeste.

DISCLAIMER: Je ne suis ni psychiatre ni psychologue ; d’ailleurs je n’ai pas de formation scientifique. Néanmoins, les questions de protection des données et de vie privée numérique sont loin de m’être étrangères de par mes différentes activités dans le cyberespace. Certains des conseils ne s’appliqueront certainement pas d’un pays à un autre du fait des différentes juridictions, mais aussi du gap culturel. Mais je pense sincèrement  que cela peut constituer un vrai document de travail, que beaucoup pourront réutiliser, enrichir… Pour d’autres, ce sera l’occasion de découvrir la violence cachée derrière les mots “sextorsion” ou “cyberharcèlement”.

Bonne lecture.



Voici les 5 premières principales questions qui ont été posées. J’ai tenté à chaque fois de catégoriser les réponses et contributions en 3 volets, selon le public concerné :

  • ENFANTS / ADOLESCENTS
  • PARENTS / ÉDUCATEURS
  • Autorités et régulateurs / plateformes

A noter : J’ai pris le parti de reformuler, synthétiser et regrouper certaines idées, avis ou conseils qui se rejoignaient. Certaines des interrogations seront plutôt adressées aux enfants, alors que d’autres sont dirigées vers les parents et éducateurs (conseils et démarches à adopter).



10 Questions et Réponses pour tenter de mettre fin à ce fléau.


[Q1] Comment définir le cyberharcèlement ou la sextorsion ? Quels enjeux pour nos sociétés ?

La sextorsion (exploitation sexuelle des enfants en ligne) et le cyberharcèlement sont des fléaux dont il faut parler et qu’il faut éradiquer car ils gangrènent chaque jour un peu plus les réseaux sociaux. Assurer la sécurité des enfants/ados en ligne commence par l’identification de ces risques puis la communication, la sensibilisation et le partage de connaissances sur ces sujets difficiles. Enfants et parents doivent être conscients des risques pour les éviter lorsqu’ils sont en ligne.


PARENTS / ÉDUCATEURS

  • Il me semble tout d’abord important de définir la situation devant laquelle nous nous trouvons confrontés: Les mineurs accèdent à internet à un âge de plus en plus jeune; l’âge moyen est de 12ans. Depuis quelques mois avec la pandémie liée au COVID-19, ils passent un temps sans précédent en ligne, augmentant leur risque d’expositions aux abus sexuels. De ce fait, on assiste à une augmentation de plus de 88% de cyberharcèlement et phénomènes de sextorsion touchant majoritairement un public jeune et donc plus vulnérable.

    Il est donc primordial de s’assurer que le monde numérique dans lequel ils évoluent est sûr afin qu’ils puissent apprendre à jouer et se connecter en toute sécurité. Cela passe donc par des formations adaptées à leur âge sur la façon d’utiliser la technologie en toute sécurité, en particulier lorsqu’ils communiquent en ligne. Celles-ci doivent être effectuées dès l’enfance/adolescence et répétées car beaucoup de parents autorisent de plus en plus tôt l’accès de leurs enfants aux réseaux sociaux.

  • Les enfants utilisent des applications populaires comme TikTok / Snapchat / YouTube. De nombreux parents n’y opèrent aucune supervision ou non aucune connaissance des fonctionnalités offertes et de leurs risques. Or ces applications, loin d’être anodines, peuvent exposer votre enfant à de nombreux dangers comme la sollicitation de photos, le grooming et la désensibilisation.

    On peut définir le grooming comme étant la manière qu’aura un pédophile de préparer un enfant à une rencontre, notamment via un salon de discussion sur Internet, dans l’intention de commettre un délit sexuel. Le grooming en ligne est devenu une source de préoccupation majeure et croissante.

  • Sur ces mêmes applications très en vogue, des délinquants engagent souvent la conversation avec les enfants et leur demandent ensuite des images très explicites à contenu sexuel notamment. S’ensuivent menaces et chantage pour essayer d’obtenir davantage de photos ou vidéos qui seront ensuite partagées en ligne.

    Certains prédateurs établissent même des relations privilégiées en ligne avec eux avant de les rencontrer en personne.

Comment apprendre aux parents à reconnaître certains des stratagèmes les plus courants pour qu’ils prennent conscience des risques auxquels leurs enfants s’exposent ? Et ensuite comment sensibiliser les enfants à reconnaître des comportements suspects ?

  • Beaucoup d’enfants ont entendu parler des «dangers d’internet», sans savoir comment  reconnaître ces signes avant-coureurs en ligne. Il est donc nécessaire que les parents enseignent et sensibilisent leurs enfants aux dangers des prédateurs sexuels en ligne, nouveaux fléaux du monde numérique mais soient eux-mêmes aussi formés !

  • Traditionnellement, les parents accordent une grande importance aux fréquentations de leurs enfants. Il convient d’en faire de même et de veiller à la vie PRIVÉE numérique de leur progéniture. Les parents et encadrants devraient parler à leurs enfants des contacts appropriés avec les inconnus, identifier et surveiller les signes comportementaux suspects.

  • Le cyberharcèlement et la sextorsion sont des sujets très difficiles à aborder pour les parents et les encadrants de mineurs.

    On comprend donc le caractère crucial de ces formations, et le besoin d’espaces de sensibilisation dans les écoles. Cela peut passer par des campagnes de publicités radio/télé notamment pour attirer l’attention des parents mais aussi du corps enseignant.

  • Il faut également disposer d’outils permettant de vérifier les applications qu’installent les enfants. Certaines applications sont plus à risque que d’autres dès lors qu’elles nécessitent une connexion internet. Cela permettra une meilleure gestion de l’usage numérique et la protection des données.

  • Malheureusement sur nombre de plateformes, on note un manque cruel de contrôle parental, et du côté des parents, une mauvaise compréhension de l’utilisation des applications. D’autre part, le manque d’assistance de la part de ces plateformes en ligne lorsque des incidents sont signalés est un vrai problème.

  • À mesure que la technologie en ligne et les réseaux sociaux continuent de se développer, il y aura de nouvelles méthodes d’exploitation non identifiées jusqu’ici. Les jeunes, en tant que «natifs du numérique» (génération z), continuent de passer toujours plus de temps sur leurs écrans, ce qui les place dans des situations potentiellement plus dangereuses.

    Pour les formateurs / parents, et afin d’entamer la discussion, il serait bien de leur demander qu’est-ce qu’un comportement suspect et comment ils le détecteraient ?

  • Le grand danger est l’escalade dans le chantage qui conduit le jeune à des agissements à risque, un sentiment de culpabilité et de honte voire des comportements suicidaires. Aussi lorsqu’il vous en parle, et que vous contactez la police, rappelez à l’enfant que l’adulte qui a demandé ou exigé les images ou vidéos sexuellement explicites est celui qui a commis un crime, pas l’enfant.


ENFANTS / ADOLESCENTS

  • Le cyberharcèlement et le sextorsion incluent toutes images ou vidéos obtenues par des délinquants après avoir instauré un climat de confiance lors de rencontres en ligne. Ces premières images obtenues serviront ensuite à les faire chanter.

  • Jeux en ligne, tik tok, snapchat et autres donnent aux jeunes parfois le sentiment erroné de parler à quelqu’un de leur âge. Il faut donc les sensibiliser en leur disant que si ces applications,en particulier snapchat et tiktok ont effectivement été conçues pour eux, il convient de rester extrêmement prudent car leur usage peut avoir été détourné. L’interlocuteur peut être un adulte doté de mauvaises intentions.

    Aussi il est très important pour les enfants / ados de savoir qu’ils peuvent se référer à un adulte de confiance si quelqu’un leur demande des images intimes, car une fois envoyées, les images peuvent rester à vie sur Internet.

  • À l’heure actuelle, avec plus d’enfants en ligne, les prédateurs saisissent ces opportunités croissantes pour «se lier d’amitié» avec les enfants en gagnant leur confiance. Ils n’hésitent pas à recourir à des stratagèmes variés comme la tromperie, la manipulation, cadeaux ou menaces pour parvenir à leurs fins.

  • Le cyberharcèlement et l’exploitation sexuelle à travers des images d’enfants sont un fléau mondial mais n’oublions pas que toutes les tranches d’âge peuvent être touchées.


AUTORITÉS / PLATEFORMES

  • Un des problèmes les plus critiques du cyberharcèlement et de la sextorsion est l’absence de mesures de sécurité et de surveillance par les prestataires et les forces de l’ordre. Les paramètres par défaut dont ils disposent pour les enfants ne sont souvent pas très différents de ceux des adultes en termes de confidentialité et de sécurité. Or ceux-ci devraient l’être encore plus.

  • Les services compétents / brigades spéciales ont besoin de plus de ressources pour traquer ceux qui s’attaquent à nos enfants.

    Car tout enfant peut être ciblé par un prédateur sur les nombreuses et différentes plateformes. Le COVID19 n’a fait qu’accentuer ce risque. Ces plateformes en ligne doivent donc assumer davantage de responsabilités pour garantir la sécurité et l’intégrité de leurs services à destination du jeune public.

  • Il faut notamment permettre un meilleur contrôle parental et mieux les assister lorsque des incidents sont signalés

En conclusion, il faut une meilleure sensibilisation du grand public au sujet du cyberharcèlement et de la sextorsion pour les enfants en ligne. Trop de personnes sont encore ignorantes de ces dangers pourtant bien réels et croissants et les formations encore trop peu dispensées.



[Q2] Quels sont les conseils pour les parents / éducateurs qui souhaitent parler à leurs enfants de cyberharcèlement et de sextorsion ?

Un signal d’alarme majeur pour les jeunes est la dérive vers des discussions à caractère sexuel. Encouragez les discussions avec vos enfants / élèves pour qu’ils puissent en toute confiance venir vers vous. Demandez-leur souvent de vous parler de leurs expériences en ligne et commencez à les informer des risques possibles et de la manière de prévenir et gérer ces situations à risque. Assurez-leur que votre perpétuel objectif est leur sécurité ! Et veillez en cas de souci à ne pas adopter une attitude culpabilisante qui les amènerait à hésiter à se confier par peur d’être punis ou pire (!!) de voir confisqués leurs écrans.

Apprenez-leur surtout :

  • A ne jamais communiquer avec des personnes qu’ils ne connaissent pas en ligne ;
  • Ce qui est approprié et ce qui ne l’est pas sur internet ;
  • A venir vous voir, quelle que soit la menace que la personne peut exercer sur eux ;
  • A ne pas tenter de résoudre seuls une situation qui leur échappe ;
  • A ne pas reproduire ce type de comportement sur autrui.

“L’ancienne victime fait le meilleur bourreau.” (Oscar Lalo)


PARENTS / ÉDUCATEURS

  • Les mœurs changent, aussi il est important que vous, parents ou enseignants, vous adaptiez à cette nouvelle ère du numérique !

  • Choisissez des moments calmes propices à l’apprentissage pour amorcer les discussions sur la sécurité générale puis extrapolez vers la vie privée numérique. Insistez sur la sécurisation des espaces personnels numériques. Ces conversations doivent être commencées au plus tôt, répétées et adaptées à leur compréhension et usage des écrans. Cela inclut de parler des jeux auxquels vos enfants jouent, des applications qu’ils utilisent et des personnes avec qui ils échangent.

  • N’hésitez pas à ponctuer chaque point important avec un ou deux scénarios auxquels ils pourraient être confrontés : “Et Si… comment réagirais-tu ?

  • Soyez très prudents avec votre discours et vos messages ! Vous les aimez, vous avez confiance en eux ; mais vous devez les informer et les guider dans leur analyse de ces situations à risque.

    Rappelez-vous que s’ils se sentent émotionnellement en sécurité et en confiance avec vous (que vous soyez parents, éducateurs, enseignants ou même soignants) ils seront plus susceptibles de s’exprimer lorsqu’ils auront besoin d’aide. Assurez-vous dans cette dernière circonstance d’utiliser un langage calme et rassurant qui mettra toute la culpabilité, la honte et le blâme sur le délinquant et non sur le jeune.

  • Gardez à l’esprit que dans certains cas, les enfants que vous éduquez sont peut-être eux-mêmes déjà des victimes. Soyez vigilant au moindre changement de comportement. Les agresseurs profitent généralement du silence dans lequel se murent les enfants par honte.

  • Cela peut sembler intimidant d’en parler, en particulier pour les parents qui n’ont pas grandi avec le numérique. Pour cela, il existe des outils gratuits et des vidéos qui permettront d’introduire simplement les sujets autour de la vie privée numérique, notamment sur la prévention du cyber harcèlement.

En conclusion, commencez par poser des questions afin d’évaluer ce que votre enfant sait déjà et poursuivez la discussion en les aidant à combler leurs lacunes. Offrez leur un espace d’écoute, d’échange; ouvrez le débat!

Apprenez-leur à ne pas parler à des personnes qu’ils ne connaissent pas en ligne et à se référer au plus vite à un adulte de confiance s’il leur est demandé de se livrer à des activités sexuellement explicites. Instaurez un climat de confiance pour qu’ils se confient à vous sans crainte ni honte.



[Q3] Quelles sont les vulnérabilités spécifiques aux garçons concernant le cyberharcèlement et la sextorsion ?

Les garçons représentent 30% des victimes d’exploitation sexuelle infantile dans la base de données d’images d’INTERPOL. Ils sont vulnérables aux tentatives de grooming et de sextorsion, en particulier sur des jeux en ligne où les délinquants peuvent prétendre être des pairs de leur âge. Or nos sociétés se concentrent surtout sur les victimes féminines oubliant à tort que ces garçons peuvent être également la proie de prédateurs sexuels. Le manque de soutien familial, une situation de décrochage scolaire, ou encore un isolement social peuvent les laisser plus vulnérables aux rencontres virtuelles.


ENFANTS / ADOLESCENTS

  • La période entourant la puberté, avec ses modifications physiques et psychologiques, est une période particulièrement à risque pour les jeunes hommes. Les notions de virilité/sexualité sont souvent au cœur des discussions ; ils n’hésitent d’ailleurs pas à se rendre sur des sites pornographiques afin de mieux s’informer. S’ils en parlent entre amis, ils ne se confient souvent que peu à leurs parents en marge de la situation. De plus cette période s’accompagne souvent d’un sentiment d’invincibilité qui paradoxalement les expose encore plus à ces menaces virtuelles.

  • Chez les jeunes garçons puis adolescents, la notion d’acceptation et appartenance à un groupe est souvent très forte : “effet de groupe” (pyramide de maslow). Ils pourront volontiers se laisser entraîner à participer à la diffusion d’images ou vidéos à caractère sexuel par peur d’être évincés.

  • On note également un effet sociétal avec la promotion du stéréotype de l’homme TOUT puissant ; de nombreux garçons sont encore élevés selon ces codes masculins traditionnels. Ils conserveront l’idée qu’il leur faut maintenir un parfait contrôle d’eux même, et que l’expression de sentiments est signe de faiblesse. De ce fait, les garçons sont moins susceptibles de signaler leurs abus en raison de ces normes sociales.

  • Enfin, les plateformes de jeux en ligne, très en vogue et majoritairement utilisées par un public masculin sont un espace propice au cyberharcèlement et aux dérives notamment sexuelles. C’est devenu un outil pour se connecter avec ses amis et rencontrer de nouvelles personnes. Cela permet aux prédateurs un accès et recrutement faciles, anonymes pour exploiter les garçons.


PARENTS / ÉDUCATEURS

  • Il est communément admis que les abus sexuels sont sous-déclarés. Mais saviez-vous que les taux de non-divulgation sont souvent plus élevés chez les hommes que chez les femmes ? Les recherches suggèrent que cette sous-déclaration peut être due à des stéréotypes de masculinité.

  • Les garçons sont souvent négligés en tant que victimes de cyberharcèlement et sextorsion, à tort. La mauvaise identification de leur statut de victime les empêche de bénéficier de services importants en réponse à leur traumatisme.

    Parents, enseignants, ECOUTEZ ce jeune devant vous. N’attendez pas pour agir dès lors que vous suspectez un comportement inhabituel et inquiétant et soyez vigilants à déceler ces signes de détresse !

  • En effet, les garçons auront souvent honte et plus de difficultés que les filles à signaler un abus; honte qui peut être aggravée par les attentes culturelles et stéréotypes de certaines sociétés. Nous devons discuter de ces abus dans nos communautés pour permettre à plus de garçons de recevoir de l’aide.

  • Nous devons modifier nos schémas d’éducation pour que les garçons puissent également se confier sans jugement, sans se sentir amoindris. Il faut oser briser le silence, combattre ces stéréotypes de masculinité toxiques et favorisent l’enfermement.

  • De plus, pensez à vérifier les jeux en ligne auxquels ils peuvent jouer et continuez à comme nous l’avons déjà évoqué plus tôt à encourager les discussions autour des dangers du numérique. Expliquez-leur que même le jeu le plus inoffensif d’apparence peut cacher par le biais des chats et parties multi joueurs, des criminels.


AUTORITÉS / PLATEFORMES

  • Notre société enseigne aux garçons que la vulnérabilité est une faiblesse et oublie qu’ils peuvent être également victimes d’abus. Ainsi, ils sont probablement moins surveillés et cette faiblesse est exploitée par les prédateurs.

    Si nous ne reconnaissons pas que cela peut leur arriver, nous ne chercherons pas non plus les signes de maltraitance et nous omettrons de fournir un soutien. Et si nous ne changeons pas notre manière de penser, nous nous rendrons coupables également de ce qui pourrait leur arriver !

  • Peut-être pourrions nous envisager d’intégrer un module cyberharcelement dans les cours d’éducation sexuelle dispensés à l’école ?

En conclusion, les garçons victimes de cyberharcèlement peuvent être moins susceptibles de révéler des abus. Une meilleure reconnaissance de leur statut de victime nécessite non seulement un meilleur contrôle des plateformes de jeux en ligne, véritable plaque tournante de délinquance, mais également un changement plus profond sociétal avec abandon du stéréotype de l’homme fort invincible véhiculé actuellement.



[Q4] Que dois-je faire si je suis confronté(e) à de la sextorsion/cyberharcèlement ?

ENFANTS / ADOLESCENTS

  • ALERTEZ de suite un adulte de confiance et SIGNALEZ-le à la plateforme au plus vite.

  • NE TÉLÉCHARGEZ PAS, NE CAPTUREZ PAS, NE PARTAGEZ PAS et NE DISTRIBUEZ surtout pas vous-même l’image, la vidéo ou l’audio.

  • Faites preuve d’empathie et civisme en lançant l’alerte !

  • D’ailleurs saviez-vous pourquoi il ne faut pas repartager une image ou une vidéo de ce type ? Pour la simple et bonne raison que cela peut rendre la suppression du contenu plus difficile et continuer à traumatiser la victime plus longtemps.


PARENTS / ÉDUCATEURS

  • 3 étapes importantes :

    • Premièrement, ne diffusez de contenu explicite sous aucun prétexte ;
    • Deuxièmement, appelez les forces de l’ordre compétentes si votre enfant est impliqué ou prévenir les parents de la victime si vous les connaissez ;
    • Troisièmement, signalez-le immédiatement à la plateforme impliquée.
  • Si vous découvrez que votre enfant est victime de cyberharcèlement ou de sextorsion, restez calme et rassurant. Faites preuve de compréhension et assurez-vous qu’il sache qu’il n’est pas en difficulté lorsque vous l’amenez auprès des services compétents pour porter plainte. Ils sont là pour faciliter votre prise en charge.

  • Si vous trouvez du contenu relatif à de la sextorsion concernant d’autres enfants, signalez-le dès que possible !

  • Afin de traquer le plus efficacement possible les criminels, il faudra fournir autant de détails que possible. Entourez votre enfant et aidez-le à se montrer le plus exhaustif possible malgré le traumatisme.

-Assurez vous que votre enfant et vous-même puissiez bénéficier d’un soutien psychologique et ce, rapidement.


AUTORITÉS / PLATEFORMES

  • Le constat est sans appel ! De nombreuses agences locales (commissariat de quartier, gendarmeries municipales…) ne sont pas formées à ce type de menace nouvelle. Afin d’apporter une réponse efficace, il faudra leur fournir une formation adaptée en cybersécurité ainsi que les moyens humains et financiers pour se défendre via des unités spéciales.

  • Il faudrait également oeuvrer du côté des plateformes :

    • En les encourageant à une meilleure réactivité tout en dédiant plus d’équipes de proximité ;
    • En les responsabilisant davantage afin qu’elles traquent tout contenu suspect qui devra être adressé aux autorités compétentes.

En conclusion, la confrontation à la pornographie infantile ou autres abus sexuels peut déclencer des réactions de colère, dégoût, tristesse et vous choquer, vous et votre enfant, au plus haut point. La première réaction est bien sûr de se référer aux autorités compétentes mais il ne faudra absolument pas négliger l’impact psychologique et l’état de détresse que ces situations peuvent engendrer. Il faudra veiller à rapprocher les familles de structures appropriées qui pourront leur offrir l’aide nécessaire pour guérir et avancer.

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[Q5] Quel serait l’impact à long terme de la sextorsion et du cyberharcèlement chez les enfants, s’ils sont négligés ?

Toute expérience traumatisante dans l’enfance peut avoir un impact durable sur la santé physique et émotionnelle. Non reconnus ni pris en charge, ils peuvent mener à des comportements auto et hétéro agressifs destructeurs.


ENFANTS / ADOLESCENTS

  • Aucun mot dans aucune langue ne pourra jamais décrire parfaitement ce qui vous a été infligé et ce que vous pouvez ressentir : colère, tristesse, angoisse, incertitude dans l’avenir, idées noires…  Tout cela peut conduire à des conduites à risque, des comportements suicidaires voire des passages à l’acte !

  • Le cyberharcèlement peut dévaster une personne, ruiner sa vie et celles de ceux qui l’entourent. Il est possible de «survivre» très longtemps mais à quel prix? Le retentissement sera multiple avec un impact sur toutes les sphères de la vie (professionnelle ou scolaire, amicale, familiale, amoureuse notamment).

  • Faible estime de soi, troubles anxiodépressifs et de la personnalité, comportements addictifs peuvent également être associés à un sur-risque de maladies chroniques et une altération de la santé physique.

  • Il est donc crucial afin de ne pas entrer dans une spirale infernale de chercher de l’aide pour comprendre, se reconstruire et avancer. Les associations de victimes sont un recours important en plus d’une assistance professionnelle. Rappelons qu’il n’est jamais trop tard pour entamer un suivi.

    Pour rappel, de nombreux cas de cyberharcèlement ayant mal tournés sont à déplorer en France


PARENTS / ÉDUCATEURS

  • Sans prise en charge thérapeutique adaptée, les victimes encourent un risque accru de problèmes graves et durables. Prévenons ces complications en leur permettant d’accéder à des soins! La prise en charge doit être précoce, et prolongée aussi longtemps que nécessaire.

  • Soyons attentifs à ne pas étiqueter sous le terme “troubles du comportement” un mal-être plus profond.

  • Les conséquences de la maltraitance sexuelle des enfants peuvent être dévastatrices au niveau individuel, familial, communautaire et sociétal et ce quels que soient les pays ou cultures. Heureusement, il existe de nombreux professionnels qualifiés formés à ces  thérapeutiques et plus la prise en charge sera précoce, meilleure sera la réussite.

  • En leur assurant un soutien familial et professionnel, nous éviterons qu’ils deviennent  à leur tour des cyberharceleurs.



En conclusion de cette première partie, ces 5 premières questions ont mis en lumière un sujet extrêmement vaste et complexe qu’il ne faut absolument pas négliger.

Au sein de la cellule familiale, cela implique des conversations précoces et répétées avec les enfants dès le début de la vie numérique (1ers ordinateurs, 1ers smartphones); au sein des établissements scolaires une sensibilisation avec du personnel formé et des interventions adaptées. Bien sûr, cela nécessite aussi un investissement de la part des autorités compétentes, et une responsabilisation des plateformes en ligne.

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Cybèrement vôtre,

SaxX